Il est de tradition en début d’année de communiquer ses
vœux et c’est évidemment avec plaisir que je transmets à
chacun et chacune d’entre vous mes meilleurs vœux de
prospérité. Le début d’année, c’est aussi le moment où on
jette un coup d’œil dans le rétroviseur du temps pour,
quand on le peut, se projeter au mieux dans le futur.
Quand on le peut, en effet, car l’examen, même
synthétique de l’état du monde, n’incite que peu à la
réjouissance. Entre une crise mondiale et sa cohorte de
licenciements qui frappent de plein fouet les plus
modestes, la générosité d’un État, qu’on nous a présenté
il n’y pas si longtemps au bord de la faillite, subitement
capable de débloquer 300 milliards d’euros pour venir en
aide aux financiers véreux, on reste pantois.
Ajoutons encore le projet d’allonger l’âge de la retraite à
70 ans, la mise en place du service minimum d’accueil
dans les écoles en grève, et la kyrielle de promesses du
candidat Sarkozy foulée au pied par le président Sarkozy.
Il nous été notamment assuré, durant la campagne
présidentielle, qu’en deux ans la France aura
définitivement éradiqué la misère et notamment celle qui
conduit à la mort quasi quotidienne d’un SDF.
De grandes envolées lyriques en reniements, les Français
ont connu tout et son contraire.
La télévision publique privée de publicité, son patron
directement nommé par la Présidence de la République,
une récession économique qui n’avoue pas son nom, bref,
les Français n’ont pas attendu les fêtes de fin d’année
pour trinquer d’abord et avoir la gueule de bois ensuite.
La pseudo insécurité publique qui fut l’un des fers de
lance de la campagne présidentielle a laissé place à
l’insécurité sociale et économique.
On nous avait promis « toujours plus » et on assiste au
déroulé du « toujours pire ».
La recette fonctionne depuis des lustres : maintenir dans
un état de stress permanent le bon peuple et brider ainsi
toutes ses éventuelles velléités contestatrices.
René BALME
MAIRE DE GRIGNY
Mais toute chose a ses limites, même la patience.